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Ajouter TN en tant que source préférée sur GoogleDonald Trump a rejeté le nouveau plan iranien qui proposait de rouvrir le détroit d’Ormuz et d’engager un processus de désescalade en sept jours. Téhéran affirme toutefois attendre encore une réponse formelle transmise par les médiateurs.
Derrière le bras de fer diplomatique, la crise produit désormais des effets très concrets : essence à près de 4,50 dollars le gallon aux États-Unis, diesel au-dessus de 6 dollars, billets d’avion plus chers, pression sur les transports et nouvelles perturbations aériennes dans le Golfe.
- Donald Trump a rejeté le plan iranien prévoyant une réouverture du détroit d’Ormuz en sept jours.
- Téhéran affirme attendre la réponse définitive américaine par l’intermédiaire des médiateurs qataris et pakistanais.
- Le Brent a terminé vendredi 25 septembre à 104,32 dollars le baril.
- L’essence ordinaire américaine avoisine 4,49 dollars le gallon, contre environ 3,16 dollars un an auparavant.
- Aux États-Unis, le diesel a dépassé 6 dollars le gallon, avec des stocks à leur plus bas niveau saisonnier depuis le début des statistiques en 1982.
Trump ferme la porte au plan iranien
Au 102e jour depuis le mémorandum d’entente conclu en juin entre Washington et Téhéran et 211 jours après le début de la guerre, le 28 février, aucune sortie de crise durable n’est encore en vue.
L’Iran avait présenté à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, une feuille de route prévoyant une série d’étapes sur sept jours. Selon Téhéran, le détroit d’Ormuz pourrait être rouvert au sixième jour, avant l’ouverture au septième jour de négociations destinées à parvenir à un accord plus large.
Le projet iranien prévoit notamment la levée du blocus naval américain sur les ports iraniens, des dérogations aux sanctions frappant les ventes de pétrole, la libération d’environ 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés et un cessez-le-feu couvrant également d’autres fronts régionaux.
Donald Trump a toutefois indiqué samedi avoir rejeté cette proposition. Il a déclaré que l’Iran souhaitait désormais parvenir rapidement à un accord parce que la fermeture du détroit lui occasionnerait elle-même de lourdes pertes.
Le président américain a affirmé qu’il restait favorable à un accord, tout en jugeant le plan présenté par Téhéran « inacceptable ». Washington considère que certaines demandes iraniennes reviendraient à supprimer plusieurs de ses principaux moyens de pression avant l’ouverture de négociations sur les dossiers nucléaire, balistique et régional.
Téhéran dit ne pas avoir encore reçu de réponse formelle
Malgré les déclarations publiques de Donald Trump, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a indiqué dimanche que Téhéran n’avait toujours pas reçu la position américaine définitive par les canaux de médiation.
L’Iran dit avoir pris connaissance de la réaction initiale du président américain, mais entend attendre que les médiateurs lui transmettent officiellement la réponse de Washington avant de décider de la suite.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a parallèlement déclaré à Al Jazeera que son pays ne faisait plus confiance au processus de négociation avec Washington. Selon lui, plusieurs cycles de discussions ont été suivis de nouvelles frappes ou de sanctions supplémentaires.
Pezeshkian a confirmé que le Qatar et le Pakistan jouent actuellement le rôle d’intermédiaires et transmettent des messages entre les deux capitales.
Ormuz reste au centre du rapport de force
Le détroit d’Ormuz reste le principal levier de pression de Téhéran. Avant le conflit, environ 20 % du pétrole mondial transitait par ce passage maritime stratégique.
Les flux se sont toutefois partiellement redressés ces derniers jours. Selon des données préliminaires de suivi maritime citées par Reuters, 33,7 millions de barils de brut ont transité par le détroit au cours de la semaine débutant le 20 septembre.
Mercredi, une soixantaine de navires commerciaux avaient traversé Ormuz, transportant le volume quotidien de brut le plus élevé enregistré depuis le début du mois de juillet.
Cette amélioration demeure fragile. L’autorité iranienne chargée de la gestion du détroit a averti les armateurs contre l’utilisation de routes qu’elle considère comme non autorisées.
Elle affirme que ces trajets peuvent entraîner des risques humains et matériels et prévient que les sociétés contrevenantes pourraient voir leurs navires soumis à des restrictions lors de futurs passages.
Le Brent reste au-dessus de 100 dollars
Les espoirs d’un compromis ont provoqué vendredi un repli des cours pétroliers, mais les niveaux restent très élevés.
| Indicateur | 25 septembre |
| Brent | 104,32 $/baril |
| WTI américain | 92,41 $/baril |
Le Brent a perdu 2,1 % vendredi et le WTI 2,3 %, en réaction aux espoirs de désescalade. Mais ces niveaux restent suffisamment élevés pour continuer à alimenter les tensions sur les carburants, les transports et les coûts de production.
Aux États-Unis, le conflit se voit désormais directement à la pompe
C’est probablement l’effet le plus perceptible pour les ménages américains.
Selon l’American Automobile Association (AAA), le gallon d’essence ordinaire se situait autour de 4,49 dollars le 25 septembre. Au 24 septembre, la moyenne s’établissait à 4,48 dollars, soit près de 5 cents de plus en une semaine.
Un mois auparavant, le gallon coûtait environ 4,10 dollars et un an auparavant 3,16 dollars. Cela représente une hausse d’environ 42 % sur un an.
Pour une voiture dotée d’un réservoir de 15 gallons, un plein au prix moyen actuel revient à environ 67 dollars, contre environ 47 dollars au prix observé un an plus tôt : près de 20 dollars supplémentaires par plein.
AAA indique également que septembre 2026 est en passe d’établir un record pour ce mois de l’année : la moyenne mensuelle atteint jusqu’ici environ 4,30 dollars le gallon, contre un précédent record de 3,83 dollars en septembre 2023.
Le diesel devient un problème pour toute l’économie
Le diesel pose une difficulté encore plus large, car son prix touche directement les poids lourds, l’agriculture, la construction, l’industrie et les chaînes logistiques.
Aux États-Unis, le diesel a dépassé en septembre 6 dollars le gallon pour la première fois. Les données disponibles au cours de la troisième semaine du mois l’ont même situé au-dessus de 6,50 dollars selon plusieurs relevés de marché.
Les stocks américains de distillats sont tombés à 107,9 millions de barils au 11 septembre, leur plus faible niveau jamais observé à cette période de l’année depuis le début de la série statistique de l’Energy Information Administration en 1982.
L’EIA prévoit désormais que ces stocks pourraient passer sous les 100 millions de barils et rester sous leur moyenne basse sur cinq ans jusqu’à la fin de 2026 et pendant une grande partie de 2027.
Pour les ménages, l’effet est indirect mais important : lorsque le coût du camion qui transporte les produits alimentaires, les matériaux ou les marchandises augmente, une partie de cette hausse peut progressivement être répercutée sur les prix finaux.
Inflation : énergie +16,3 %, billets d’avion +23,4 % sur un an
Les statistiques américaines montrent que le choc énergétique est déjà visible dans les prix à la consommation.
En août, l’inflation américaine s’est établie à 3,4 % sur un an, selon le Bureau of Labor Statistics. Mais l’écart entre les catégories est considérable.
| Poste de dépense | Variation sur un an |
| Inflation générale | +3,4 % |
| Énergie | +16,3 % |
| Essence | +27,4 % |
| Fioul domestique | +52,0 % |
| Billets d’avion | +23,4 % |
| Alimentation | +2,7 % |
Sur le seul mois d’août, l’essence a augmenté de 3,9 % et a représenté plus du tiers de la hausse mensuelle de l’indice général des prix.
Les billets d’avion ont, eux, progressé de 2,7 % en un mois. Cette évolution ne peut pas être attribuée intégralement au conflit iranien, mais la hausse du carburant aérien et les perturbations de l’espace aérien constituent désormais des facteurs de coût importants pour les compagnies.
L’aviation mondiale paie également la facture
Le secteur aérien mondial a déjà fortement révisé ses perspectives pour 2026. L’Association internationale du transport aérien (IATA) avait réduit sa prévision de bénéfice net du secteur de 41 milliards à 23 milliards de dollars, dans un contexte de hausse du kérosène et de perturbation des routes aériennes au Moyen-Orient.
Les dépenses mondiales de carburant des compagnies aériennes étaient alors attendues autour de 350 milliards de dollars, soit près d’un tiers de leurs coûts opérationnels, tandis que le bénéfice moyen par passager était ramené autour de 4,50 dollars.
Pour les voyageurs, la conséquence peut prendre plusieurs formes : billets plus chers, réduction de certaines fréquences, détours plus longs ou suppression temporaire de certaines liaisons.
Les sanctions américaines touchent directement les liaisons aériennes régionales
Washington a parallèlement renforcé sa pression sur l’aviation iranienne. Les nouvelles mesures américaines ont conduit plusieurs pays à restreindre les opérations des compagnies iraniennes.
Les Émirats arabes unis ont interrompu les vols opérés par les compagnies iraniennes. Oman et la Turquie ont également imposé certaines restrictions, tandis que quatre aéroports irakiens — Bagdad, Najaf, Erbil et Souleimaniye — ont suspendu les liaisons avec l’Iran.
Bagdad négocie désormais avec Washington des exemptions permettant de rétablir certaines rotations pour des motifs humanitaires : traitements médicaux, études, visites religieuses et besoins civils.
La capacité aérienne internationale de l’Iran était déjà fortement affectée : en août, elle se situait environ 49 % sous son niveau de 2025, notamment en raison de l’absence de plusieurs transporteurs étrangers.
Les Bourses de Dubaï et Abou Dhabi réagissent aux menaces sur l’aviation
Les tensions se sont également reflétées vendredi sur les marchés financiers des Émirats arabes unis après des déclarations iraniennes évoquant d’éventuelles perturbations de l’aviation régionale et des services aéroportuaires.
L’indice d’Abou Dhabi a reculé de 0,1 %. National Bank of Fujairah a perdu 4,8 % et Abu Dhabi National Hotels 1 %.
À Dubaï, l’indice principal a terminé en baisse de 0,05 %, avec notamment un recul de 2,6 % de Talabat et de 0,7 % de Salik.
Les valeurs énergétiques ont en revanche mieux résisté : Adnoc Gas a gagné 0,3 % et Adnoc Drilling 0,4 %.
Washington étend aussi sa pression économique hors d’Iran
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a indiqué que des équipes américaines avaient été envoyées dans de nombreux pays afin d’obtenir un isolement économique accru de Téhéran.
Selon le Wall Street Journal, des responsables du Trésor ont engagé des discussions avec plus de 50 pays au Moyen-Orient et en Europe.
Washington avertit que les institutions qui continuent certaines opérations avec l’Iran peuvent s’exposer à des sanctions secondaires ou à des restrictions d’accès au système financier en dollars. La campagne vise notamment les secteurs bancaire, aérien, maritime, technologique et énergétique.
La Chine, la Turquie et plusieurs autres partenaires commerciaux de l’Iran contestent cependant la légitimité de sanctions américaines extraterritoriales ou cherchent à préserver certaines relations économiques avec Téhéran.
Aux États-Unis, le coût de la guerre devient aussi un enjeu intérieur
La hausse des prix de l’énergie se retrouve désormais au cœur du débat politique américain.
Une enquête Reuters/Ipsos réalisée auprès de 1 277 adultes américains, avec une marge d’erreur d’environ trois points, a mesuré le taux d’approbation de Donald Trump à 32 % en septembre. Parmi les personnes interrogées, seulement 17 % approuvaient sa gestion du coût de la vie.
Chez les sympathisants républicains, l’approbation globale du président était passée de 82 % à 73 % en une semaine. Cette évolution intervient alors que plusieurs candidats républicains commencent eux-mêmes à demander une sortie plus rapide du conflit ou des mesures destinées à limiter le prix des carburants.
Du côté démocrate, le chef de la minorité à la Chambre des représentants Hakeem Jeffries a déclaré que son groupe continuerait à utiliser les résolutions sur les pouvoirs de guerre pour chercher à mettre fin au conflit. Ces positions s’inscrivent dans le contexte des élections américaines de mi-mandat prévues en novembre.
Téhéran maintient parallèlement la pression militaire
Malgré les initiatives diplomatiques, les messages militaires restent particulièrement fermes.
Le porte-parole des forces armées iraniennes a averti que toute nouvelle erreur de calcul américaine entraînerait, selon lui, une riposte plus large que lors des précédentes phases de confrontation.
Un responsable politique de la marine des Gardiens de la révolution a pour sa part affirmé que, dans l’hypothèse d’une nouvelle guerre ouverte, les forces iraniennes pourraient viser des bâtiments américains jusque dans l’océan Indien. Il a également contesté les affirmations américaines concernant le nombre de pétroliers traversant quotidiennement Ormuz.
Ces déclarations relèvent de la communication militaire iranienne et ne permettent pas, à elles seules, d’établir les capacités opérationnelles qui seraient réellement mobilisées dans un nouveau cycle d’affrontements.
Une crise devenue économique autant que militaire
La réouverture durable du détroit d’Ormuz n’est plus seulement une question de sécurité régionale. Pour les États-Unis, l’Europe, l’Asie et les pays du Golfe, elle touche désormais directement les prix de l’énergie, le transport routier, l’aviation, l’inflation et les marchés financiers.
Aux États-Unis, la traduction est déjà très concrète : environ 20 dollars supplémentaires pour remplir un réservoir de 15 gallons par rapport à l’an dernier, un diesel à des niveaux records et des billets d’avion en hausse de plus de 20 % sur douze mois.
Le rejet du plan iranien par Donald Trump maintient donc une incertitude que les marchés avaient momentanément commencé à réduire. Téhéran continue néanmoins d’affirmer que la négociation reste possible et attend désormais la réponse officielle transmise par les médiateurs.
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